Le psychothérapeute et son épouse ont été condamnés à un an et six mois de prison avec sursis.

Le psychothérapeute et son épouse ont été condamnés à un an et six mois de prison avec sursis.

Source : AFP/Archives

Un psychothérapeute de 78 ans et son épouse ont été condamnés respectivement à un an de prison avec sursis et six mois de prison avec sursis pour “abus de faiblesse”, pour avoir soutiré 238.000 euros à une ancienne patiente.
Ils ont en outre été condamnés respectivement à 50.000 euros et 25.000 euros d’amende.
La victime, Sophie Poirot, leur nièce par alliance, s’est vu allouer 80.000 euros de dommages et intérêts.

Manipulation mentale

Benoît Yang Ting et son épouse Suzanne étaient également poursuivis pour les mêmes faits au préjudice de Bernard Touchebeuf, chef d’entreprise qui avait versé 750.000 euros au psy, mais la cour d’appel de Paris a jugé ces faits prescrits.
Benoît Yang Ting, accusé par les plaignants de les avoir manipulés mentalement pendant des années, en leur instillant notamment de faux souvenirs traumatisants, avait été condamné en première instance le 12 juin 2012 à un an de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Paris l’avait également condamné à une amende de 50.000 euros et à verser, au titre des dommages et intérêts, 100.000 euros et 50.000 euros aux deux victimes. Il avait en revanche relaxé son épouse, Suzanne.

Un véritable gourou

Les méthodes thérapeutiques de Benoît Yang Ting, décrit par la partie civile comme un véritable gourou plongeant ses proies dans un “esclavage”, impliquaient notamment pour ses patients de se déshabiller intégralement pendant de longues sessions éprouvantes, afin de revivre des souffrances enfouies.
Le thérapeute facturait 320 euros de l’heure avec 50 euros supplémentaires pour chaque faute d’orthographe commise dans des comptes-rendus que les patients devaient ensuite lui remettre.

L’épouse complice

L’avocate générale a estimé que les méthodes employées étaient “de nature à mettre (les plaignants) en état de sujétion” et sortaient de “l’emprise” dans laquelle ils étaient plongés, “psychiquement dans un état de totale dépendance”.
Elle a également estimé que Mme Yang Ting était “co-auteur” car “parfaitement au courant”, d’autant que les versements ont “profité au couple”.

Les clients étaient difficilement manipulables

En défense, Me Laurent Pasquet Marinacce a fustigé un dossier “présenté dès le départ comme un dossier de secte, une plainte de l’ordre de la thèse où tout est relu à l’aune de ce choix”.
Son confrère François Gibault a relevé que les plaignants s’étaient longtemps félicités de leurs thérapies, et qu’ils étaient tous deux eux-mêmes diplômés en psychologie, l’une étant par ailleurs avocate et l’autre consultant notamment en ressources humaines, les estimant de ce fait peu manipulables.