La formation professionnelle

Nous voyons de plus en plus de patients qui, après avoir suivi une thérapie et sur conseils de leur thérapeute, entreprennent une formation pour devenir à leur tour thérapeute en pratiques diverses

Ces formations dispensées par des thérapeutes individuels, au cours de week-end s’étalent souvent sur plusieurs mois et ne débouchent sur aucun diplôme. Les victimes deviennent à leur tour « thérapeutes » et dispensent à l’extérieur les paroles du « Maître ».

Nous rencontrons également des thérapeutes qui œuvrent au sein d’Instituts, d’écoles ou d‘organismes de formation. Ces stages ou séminaires, qui s’échelonnent parfois sur plusieurs années, n’offrent aucune garantie de sérieux quant aux diplômes obtenus par les victimes, puisque non reconnus par l’État. Ces instituts ou écoles délivrent en fin de formation des « certificats » qui n’ont de valeur que pour l’institut ou l’école qui les délivrent.

Ces formations sont particulièrement onéreuses et souvent ces organismes poussent leurs élèves à s’endetter afin d’en régler le coût. A l’issue de cette formation, la personne deviendra à son tour « thérapeute » ou « coach » puisque la profession de psychothérapeute est maintenant réglementée. Nous rencontrons de plus en plus de familles dont les enfants suivent une « longue et onéreuse » formation de coach, et se demandent ce qu’il adviendra de leur enfant, à la fin de cette formation.

Nous constatons également que souvent les formateurs de ces instituts ou écoles travaillent en réseau et les élèves encouragés par leur « Maître » commencent une formation pour être ensuite dirigés vers une autre technique, allongeant ainsi les années de formation.

Nous rencontrons également des problèmes avec des formateurs qui œuvrent au sein d’organismes de formation professionnelle, subventionnés par des fonds publics, dans le cadre de la « formation professionnelle continue ».

Il en est de même avec certains organismes de formations. Les entreprises, grandes ou petites, s’acquittent de leurs obligations de formation continue de leur personnel par la multiplication de stages de développement personnel avec des organismes où ce sont des intervenants extérieurs qui organisent à leur façon ces enseignements. [1]

De nombreuses déviances sont constatées. Par ailleurs, nous rencontrons de plus en plus d’inductions de faux souvenirs dans les formations suivantes :

Les massages

Nous voyons également de plus en plus de victimes de charlatans suivre des formations de « massages » en tous genres : Assis – debout – couché – californien – massages énergétiques – etc…. Ces victimes se voient proposer l’achat de matériels de massages – de CD ou DVD afin de compléter la panoplie et se retrouvent, seules, dans des locaux qu’elles louent, mais sans clientèle.

Beaucoup de ces victimes se sont fait « avoir » par les belles paroles de leur « Maître » et se sont mises sur « la paille » après ces achats.

Nous connaissons également des victimes s’adonner individuellement dans des structures semi-officielles à des actes de massages thérapeutiques sans savoir qu’elles se trouvent en infraction avec la Loi.

En France, l’exercice du massage en tant que profession est soumis à une loi stricte. De fait, nombre de praticiens du massage ne respectant pas ces lois peuvent être attaqués par des regroupements de kinésithérapeutes. En effet, les Art. L.4311 – 1 et R.4321-1 et suivants du Code de Santé publique stipulent que « les actes de massages thérapeutiques ou non thérapeutiques sont réservés aux personnes titulaires du diplôme d’État de « masseur-kinésithérapeute » ou d’une autorisation d’exercer pour les ressortissants communautaires. Le réglementation réserve donc aux masseurs kinésithérapeutes les actes de massage non thérapeutique, donc non prescrits par un médecin. L’Art. L.4323-4 du Code de la Santé Publique stipule que toute personne qui exercerait illégalement la profession de « masseur-kinésithérapeute » est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

Afin de garantir une qualité des soins donnés aux usagers, un Ordre des Masseurs-kinésithérapeutes a été créé en Août 2004. Il existe maintenant un Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes ainsi que des ordres départementaux.

Il existe depuis Novembre 2008 un Code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes [2]

Pour tous renseignements, consulter l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes de votre département ou le Conseil national de l’Ordre des Masseurs-kinésithérapeutes

120-122 rue Réaumur

75002 PARIS Tél. 01 46 22 32 97
cno@ordremk.fr

L’ostéopathie

De nombreuses déviances sont constatées parmi certains formateurs de cette profession, hier non réglementée.
La réglementation française de l’Ostéopathie

Selon la Loi du 5 mars 2002 : loi « Droit des malades » l’Ostéopathie

L’article 75 de la loi Kouchner reconnaît l’usage professionnel du titre d’ostéopathe. Cependant, la réglementation concrète de l’ostéopathie est abandonnée à l’adoption ultérieure de décrets d’application

Le 27 mars 2007 : adoption de 2 décrets et arrêtés
Les décrets n° 2007-435 et 2007-437 aspirent à encadrer et réglementer la pratique de l’ostéopathie

Décret n° 2007-435 = réglementation des actes praticables

Définition de l’ostéopathie

Pratique de manipulations dans le but de prévenir ou remédier à des troubles fonctionnels du corps humain
Encadrement des actes autorisés
- Initiative propre de l’ostéopathe = actes de manipulations de manipulations et mobilisations directes et indirectes, non forcées sous condition préalable d’un diagnostic médical
- Interdiction de pratiquer des manipulations gynéco-obstétriques et touchers pelviens

Décret n° 2007- 435 : reconnaissance du titre d’ostéopathe
Le Titre d’ostéopathe est réservé :

Aux professionnels de santé (médecins, sages-femmes, kinésithérapeutes et infirmiers) titulaires d’un diplôme universitaire justifiant d’une formation d’ostéopathe reconnue par le conseil de l’ordre.

Aux titulaires d’un diplôme délivré par un établissement agréé (selon les conditions prévues par le décret n°2007-437)

Aux titulaires d’une autorisation d’exercice ou d’usage du titre d’ostéopathe

Loi 2009 – 879 du 22 juillet 2009 : loi “Hôpital, Patients, Santé et Territoires”
Promulgation de la loi HPST instaurant les éléments suivants :
- le contrôle des professionnels en exercice par l’IGAS ;
- le contrôle des établissements de formation en ostéopathie par l’IGAS ;
- le relèvement du niveau de la formation à 3520 h minimum.
Remarque : la durée de formation est de 4 300 à 5 160 heures dans les pays européens.

1. Concernant la formation, de nouveaux décrets devraient être rédigés afin de réorganiser en profondeur le dispositif actuel de manière à ce qu’il soit en conformité avec ces nouvelles dispositions législatives.

2. 1. L’OMS préconise une formation d’ostéopathe en 5 ans.

2. Il n’est pas mentionné de quotas portant sur le nombre d’établissements de formations agréés et sur le nombre d’ostéopathes formés chaque année, garantissant la régulation de la profession

3. L’ exercice illégal de la profession d’ostéopathe est sanctionné par une amende.

Formation des psychothérapeutes

De nombreuses dérives ayant été constatées depuis plusieurs années, il était nécessaire de réglementer au plus tôt l’usage du titre de psychothérapeute.

Important

L’usage du titre de psychothérapeute est réglementé depuis le décret d’application n° 2010-534 du 20 Mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute a été publié au J.O. n° 117 de la République française le 22 Mai 2010[Voir l’article]

Selon le rapport 3507 de décembre 2006 – L’enfance volée – Les mineurs et les sectes –

Chapitre 3 – Des circuits de formation opaques

« La nébuleuse de la psychothérapie n’est pas constituée d’une dissémination d’initiatives individuelles ; on relève au contraire un certain degré d’organisation qui, le cas échéant, accroît considérablement la nocivité de certaines pratiques.

Le rapport de la Mils en 2001 – page 98 – avait souligné le fait que ces activités passent par des circuits de formation qui sont la source d’une part importante des profits dégagés : « La psychothérapie est souvent une activité plurielle. Les circuits de formation en représentent une part non négligeable : un psychothérapeute exerçant en cabinet libéral est souvent également formateur, voire coach. Il peut éventuellement assurer la supervision – qui lui est rémunérée d’autres psychothérapeutes. ».

Selon la Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) dans le cadre des discussions du projet de loi sur la « formation professionnelle tout au long de la vie » les Députés ont adopté en Juillet 2009, un amendement qui renforce le dispositif de lutte contre les dérives sectaires dans le secteur de la formation continue.

« L’interdiction pour cinq ans d’exercer une fonction de prestataire de formation professionnelle vient ainsi sanctionner les personnes physiques ou morales coupables de délit souvent associés à la commission de dérives sectaires : l’abus de faiblesse, l’escroquerie, l’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie, l’usurpation de titre, le trafic de stupéfiants, l’incitation au suicide… »

Cette interdiction vient en complément des peines déjà prévues pour ces incriminations.

Source Miviludes Juillet 2009 – http://www.derives-sectes.gouv.fr/publications-de-la-miviludes/rapports-annuels

Dans son rapport 2006 la Miviludes pointait très justement du doigt les dérives rencontrées dans le secteur de la formation professionnelle http://www.derives-sectes.gouv.fr/publications-de-la-miviludes/rapports-annuels

2 – Dévoiement des repères traditionnels dans une formation à visée thérapeutique (…) Ce projet de reconversion professionnelle dans une activité de psychothérapeute induit de toute évidence un sérieux risque de manipulation du stagiaire et de dérive à caractère sectaire au regard de plusieurs critères de dangerosité (rupture avec l’environnement d’origine, déstabilisation, voire emprise mentale, captation de ressources…). La formation longue a pour objectif une « reprogrammation » de l’être conditionnée par un rejet en bloc de son passé et de son présent, de ses ancêtres et de son entourage, responsables de son mal être. Les fondements méthodologiques empruntent à plusieurs sources toutes aussi inquiétantes en raison de leur implication dans des affaires sanctionnées par la justice : méthode Hamer, faux souvenirs, « rebirth », décodage biologique …(…)

Il concluait : Le marché de la formation est marqué par une augmentation d’offres émanant de réseaux proposant aux bénéficiaires de s’insérer tout à la fois dans des organisations privilégiant le recours au statut libéral ou indépendant, à titre principal ou en complément de leurs activités professionnelles exercées, par exemple au sein de l’entreprise, afin d’assurer la diffusion des concepts ou méthodes phares élaborés et souvent protégés par les premiers auteurs ou fondateurs.

Ces offres, parfois difficiles à détecter ou à apprécier car elles empruntent aux effets

de mode (coaching à géométrie variable) et visent à répondre de manière globale aux multiples attentes des individus (emploi, performance, famille, santé, bien-être, quête de sens…), modifient les repères habituels des acteurs concernés et l’exercice de leurs responsabilités dans l’utilisation conforme et optimale des financements dédiés à la formation. Ces offres abordent l’individu aussi bien dans sa dimension professionnelle que privée en privilégiant des réponses prometteuses faites en termes de transformation et/ou de développement de la personne, de sa performance et de l’amélioration de ses résultats (professionnels et personnels), gages de son épanouissement global.

Elles trouvent ainsi un champ illimité appliqué à la santé physique et psychique, voire à la guérison des pathologies de ceux qui y recourent.

Elles proposent une réponse aux souffrances physiques et morales induites par les difficultés ou vulnérabilités, à la fois d’ordre professionnel (recherche d’un emploi, usure au poste de travail, quête de changement, d’évolution, de reconnaissance ou de reconversion) ou d’ordre privé (couple, famille, sens et valeurs de la vie). Enfin, ces offres se caractérisent par la promesse de « renaissance » faite aux individus pour une société en « renouveau » : nouvelle médecine, nouvelle éducation, nouvelles spiritualités, nouveau lien social et même ordre nouveau.

Face à ces risques émergents d’atteintes aux droits et libertés de la personne, mais aussi en raison des vulnérabilités des entreprises et des organisations, il est aujourd’hui nécessaire, dans un souci d’efficacité des politiques de prévention et de lutte contre les dérives, notamment celles de nature sectaire, de renforcer prioritairement les dispositifs d’information à destination du public et les actions de veillepar l’adaptation et l’application des législations (codes de la santé, de la consommation, du travail, de la formation …), mais aussi par la mise en place de clauses de protection juridiques et de principes éthiques.

Le dispositif juridique, dans son état actuel et dans ses évolutions souhaitables, et sur un autre plan, la formalisation de bonnes pratiques, devraient concourir au renforcement du contrôle des champs et des objectifs de la formation professionnelle. (…)

Ci-dessous, quelques communiqués de presse concernant la formation professionnelle .

Source A R F Agence régionale de formation tout au long de la vie de Poitou-Charentes

27 Mai 2010

Usage du titre de psychothérapeute

L’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes. Un décret détermine la nature et l’importance de la formation exigée en psychopathologie clinique (400 heures de formation théorique, 5 mois de stage pratique) pour pouvoir s’inscrire sur la liste départementale du répertoire national des psychothérapeutes.

L’accès à cette formation est réservé aux titulaires d’un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France ou d’un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse. Certains professionnels peuvent bénéficier d’une dispense totale (psychiatres) ou partielle de formation (médecins, psychologues, psychanalystes). Des dispositions transitoires permettent aux professionnels justifiant d’au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie de s’inscrire sur le registre après avis de la commission régionale d’inscription.

Les établissements autorisés à délivrer la formation sont agréés pour quatre ans par les ministres chargés de la santé et de l’enseignement supérieur après avis d’une commission régionale d’agrément. Un dossier de demande d’agrément est à envoyer au plus tard six mois avant la date de l’ouverture de la formation au directeur général de l’agence régionale de santé.

Ce décret, sous réserve de la publication prochaine d’un arrêté portant cahier des charges du contenu de la formation théorique et pratique, des critères et modalités de son évaluation ainsi que des objectifs du stage, constitue désormais la réglementation du titre de psychothérapeute. Décret n° 2010-534 du 20 mai 2010

Formation professionnelle : un arsenal antisecte adopté

LE FIGARO 24/09/2009 | La loi votée hier au Sénat vise à former plus de salariés peu qualifiés et de chômeurs. L’objectif de cette loi – qui, examinée selon la procédure d’« urgence », doit encore faire l’objet d’une commission mixte pour harmoniser les versions de l’Assemblée et du Sénat – est avant tout de réorienter vers les salariés et chômeurs les moins qualifiés une partie des 5,7 milliards d’euros de fonds collectés chaque année dans les entreprises au titre de la formation. Soit 700.000 personnes de plus au total chaque année. C’était l’une des promesses exprimées début mars par Nicolas Sarkozy lors de sa présentation des grandes lignes de la loi… Les sénateurs ont enfin validé une mesure chère au secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, qui vise à doter le secteur de la formation d’un « arsenal antisecte » : interdiction aux personnes condamnées pour « escroquerie ou dérives sectaires » d’exercer des responsabilités dans des organismes, autorisation donnée aux préfets de ne pas enregistrer les centres dont le projet n’a pas de vocation professionnelle ou s’apparente en fait à une « pratique sectaire ».

Le Sénat annule la disposition contestée bénéficiant aux sectes et protège la formation professionnelle

AFP 23/09/09 – Les sénateurs ont adopté mercredi un amendement annulant la disposition législative contestée qui aboutissait à interdire la dissolution de l’Eglise de scientologie, lors de l’examen du projet de loi sur la Formation professionnelle.

L’amendement déposé par le président du groupe Union centriste, Nicolas About et la sénatrice centriste Anne-Marie Payet, adopté à l’unanimité, rétablit cette possibilité.

Il est couplé à un article du projet de loi introduit par l’Assemblée nationale et consacré à la lutte contre l’infiltration sectaire dans le secteur de la formation. Cet article prévoit notamment l’interdiction d’exercer une activité de formation pour toute personne condamnée pour activités sectaires et des mesures de contrôle du contenu des formations …

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, s’est félicité de cet amendement, dénonçant “les dérives sectaires tolérées depuis trop d’années” et annonçant “une traque impitoyable contre les sectes” dans le secteur de la formation.

“Pour 2010 le principal enjeu sera de purger la formation professionnelle de ce cancer des sectes”, a-t-il lancé.

Source : Site Internet de la Miviludes

Source 20 minutes.fr

Publié le 21 septembre 2009

Vers plus de contrôles pour les organismes

de formation professionnelle

Cela permettra d’éviter les dérives sectaires…

Comment empêcher les sectes de se déguiser en organismes de formation professionnelle ? C’est l’une des questions auxquelles doit répondre le projet de loi sur la formation professionnelle, examiné ce lundi par les sénateurs. Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, a d’ores et déjà fait savoir que les organismes de formation professionnelle ne pourraient plus ouvrir sans un contrôle et une autorisation préalable du préfet. « Au moindre soupçon ou risque, le préfet pourra refuser l’enregistrement de l’organisme », a-t-il expliqué dans les colonnes du Parisien daté de lundi.

« Je me félicite vraiment de cette volonté affichée de lutter contre les infiltrations sectaires dans le domaine de la formation professionnelle, vecteur clé du prosélytisme des sectes », a réagi président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), l’ex-député UMP Georges Fenech. Il souligne toutefois que cela « suppose des moyens importants » et qu’il « va falloir mettre des moyens et des agents ».

>> Quest-ce qu’une secte ? La réponse ici

Un moyen d’acquérir des ressources et de cerner les faiblesses des individus

A l’heure actuelle, un organisme de formation doit solliciter son inscription auprès du Service régional de contrôle, qui dépend de la Direction régionale de l’emploi. Après deux ans, ce service procède à un contrôle qui peut éventuellement entraîner un retrait du registre.

Les formations comportementales sont en théorie exclues du champ de la formation professionnelle par une circulaire de novembre 2006. Mais, selon son rapport 2008, la Miviludes observe « un flux constant de déclarations de nouveaux organismes de formation dans ces domaines, représentant un peu plus de 10% des nouvelles déclarations ».

Environ 20% des organismes déclarés affichent comme spécialité le développement des capacités mentales, comportementales, les formations en développement personnel, ou encore la psychologie et la santé. Selon la Miviludes, le milieu de la formation permet aux sectes d’acquérir des ressources et de cerner les faiblesses des individus. Voire d’opérer une présélection.

Mieux contrôler les circuits de financement

La réforme de la formation professionnelle sera soumise aux votes des sénateurs à la fin du mois de septembre et devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2010. Elle vise à mieux contrôler les circuits de financement et de collecte des fonds de ces formations.

En juillet, le texte voté par l’Assemblée nationale a introduit le principe d’une interdiction pour cinq ans de l’activité de formation professionnelle à toute personne physique ou morale condamnée notamment pour usurpation de diplôme, escroquerie, abus de faiblesse, trafic de stupéfiants ou exercice illégal de la médecine.

E.L. avec agence

Source 20 minutes.fr

Publié le 19 mai 2009

Les formations professionnelles, nouveaux marchés des sectes

Georges Fenech, président de la commission parlementaire d’enquête sur les sectes, le 8 février 2006 à Paris Joël Saget AFP/Archives

ETUDE – Le nombre de mouvements sectaires a explosé en France depuis quinze ans…

Ils ont trouvé une nouvelle niche. Quelque cinq à six cents mouvements sectaires sont établis en France, contre moins de deux cents il y a 15 ans, profitant notamment du marché florissant de l’épanouissement personnel, a déclaré Georges Fenech, président de la Miviludes, qui a publié mardi son rapport annuel sur les sectes.

Ces mouvements sectaires réussissent à s’installer dans des « niches nouvelles », selon Georges Fenech, qui a remis lundi soir le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires au Premier ministre. La Miviludes y décrit les risques d’emprise mentale (caractéristique de la dérive sectaire) dans certaines pratiques et méthodes de la psychothérapie, dans des formations fantaisistes et déstabilisantes.

« On passe vraiment à l’action »

Elle réclame un recensement de ce type de pratiques et des différents organismes, de façon à mieux informer le public, car la demande est très grande et l’offre assez disparate mêlant sans distinction les vrais professionnels et les amateurs.

>> Quest-ce qu’une secte ? La réponse ici (archives).

Selon Georges Fenech, l’année 2008 marque « un vrai tournant dans l’attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l’action », se félicite-t-il, en citant les propositions des divers ministères qui traduisent « une véritable sensibilisation » au phénomène.

Par exemple, le ministère de la Santé a mis en place un « groupe d’appui technique » en février « sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique ». Le ministère du Travail traque les cas de « travail dissimulé » dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer. Il va également engager une réforme de la formation professionnelle pour doter les organismes d’un agrément administratif (actuellement, une simple déclaration suffit pour être répertorié comme organisme de formation professionnelle).

Les écoles sous surveillance

Quant à l’Education nationale, elle va se pencher sur les dérives sectaires liées à l’école à domicile pour déterminer combien d’enfants sont concernés, pour quelles raisons ils ne sont pas dans le système scolaire et pour contrôler leur niveau d’instruction. La Miviludes souligne que de nombreux groupements sectaires invoquent « l’instruction dans les familles » pour justifier la scolarisation sur place alors que cette pratique doit être limitée à deux familles.

Il n’existe pas actuellement de liste des mouvements sectaires opérant en France. En 1994, le groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié une liste d’environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées qui s’estimaient stigmatisées. Cette liste était vite devenue obsolète, de nombreux mouvements ayant rapidement changé de nom ou d’adresse. Il n’est pas question de faire une nouvelle liste, mais l’actuel président de la Miviludes propose d’établir un « référentiel », sorte de répertoire des pratiques à risque.

M.D. avec agence

Source AFP – 19 mai 2009

Les sectes profitent du marché de l’épanouissement personnel

Quelque 5 à 600 mouvements sectaires sont établis en France, contre moins de 200 il y a 15 ans, profitant notamment du marché florissant de l’épanouissement personnel, a déclaré à l’AFP Georges Fenech, président de la Miviludes, qui a publié mardi son rapport annuel sur les sectes.

Ces mouvements sectaires réussissent à s’installer dans des “niches nouvelles”, selon M. Fenech, qui a remis lundi soir le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires au Premier ministre. La Miviludes y décrit les risques d’emprise mentale (caractéristique de la dérive sectaire) dans certaines pratiques et méthodes de la psychothérapie, dans des formations fantaisistes et déstabilisantes. Elle réclame un recensement de ce type de pratiques et des différents organismes, de façon à mieux informer le public, car la demande est très grande et l’offre assez disparate mêlant sans distinction les vrais professionnels et les amateurs.

Selon Georges Fenech, l’année 2008 marque “un vrai tournant dans l’attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l’action”, se félicite-t-il, en citant les propositions des divers ministères qui traduisent “une véritable sensibilisation au phénomène.

Par exemple, le ministère de la Santé a mis en place un “groupe d’appui technique” en février “sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique”. Le ministère du Travail traque les cas de “travail dissimulé” dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer. Il va également engager une réforme de la formation professionnelle pour doter les organismes d’un agrément administratif (actuellement, une simple déclaration suffit pour être répertorié comme organisme de formation professionnelle).

Quant à l’Education nationale, elle va se pencher sur les dérives sectaires liées à l’école à domicile pour déterminer combien d’enfants sont concernés, pour quelles raisons ils ne sont pas dans le système scolaire et pour contrôler leur niveau d’instruction. La Miviludes souligne que de nombreux groupements sectaires invoquent “l’instruction dans les familles” pour justifier la scolarisation sur place alors que cette pratique doit être limitée à deux familles.

Le rapport publie également un chapitre sur le satanisme qui gagne du terrain par le biais d’internet, sur les méthodes de lobbying des sectes à l’ONU, sur l’utilisation d’internet par les sectes ou encore sur la lutte contre les dérives sectaires en France et en Europe. A ce sujet, elle signale qu’il n’existe pas de structure spécifique à Monaco parce que le phénomène sectaire y est “marginal”, selon elle.

Il n’existe pas actuellement de liste des mouvements sectaires opérant en France. En 1994, le groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié une liste d’environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées qui s’estimaient stigmatisées. Cette liste était vite devenue obsolète, de nombreux mouvements ayant rapidement changé de nom ou d’adresse. Il n’est pas question de faire une nouvelle liste, mais l’actuel président de la Miviludes propose d’établir un “référentiel”, sorte de répertoire des pratiques à risque.

Le rapport 2008 de la Miviludes est publié par la Documentation française (15 euros) et mis en ligne sur le site de la Miviludes.

La formation professionnelle, terrain de chasse des sectes

France Info – http://www.france-info.com – 20 mai 2009

[Texte intégral]

C’est aujourd’hui que la Miviludes, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires, publie son rapport annuel. Où l’on apprend que les sectes occupent un terrain prospère, celui du développement personnel, mental, comportemental…

Aujourd’hui, ce sont environ 20 % des formations dispensées en France qui présentent des contenus sujets à caution : développement personnel, hygiène mentale, etc… Dans un tiers des cas, selon la Miviludes, on a affaire au mieux à des charlatans, au pire à de dangereux gourous, spécialistes de la manipulation.

C’est la mésaventure qui est arrivée à six jeunes femmes, qui croyaient participer l’an dernier à une formation en “réflexologie et kinésiologie plantaire” – deux disciplines para-médicales admises où l’on travaille sur la voûte plantaire.

Une formation de six mois, facturée 1’870 euros

Les jeunes femmes n’étaient pas au bout de leurs surprises… Dans l’appartement qui leur servait de salle de classe, les stagiaires n’ont jamais vu personne, à part une étrange professeure-gourou. Au bout de trois mois, toutes les six ont décidé d’arrêter les frais. Elles ont même, depuis, entamé une action en justice.

De l’argent public

La formation professionnelle est une cible toute choisie pour les sectes. D’abord parce qu’elle dispose de budgets conséquents : 25 milliards d’euros, selon le magistrat Georges Fenech, président de la Miviludes. Ensuite, parce le secteur est encore relativement peu contrôlé : il suffit aujourd’hui de se déclarer comme formateur en préfecture, et le tour est joué ! L’activité n’est véritablement contrôlée qu’après deux ans d’exercice.

Pour la Miviludes, il est donc urgent de faire le ménage dans le secteur. Elle propose que l’Etat mette en place des règles plus restrictives. Et surtout, qu’il fasse des contrôles en amont un peu plus resserrés. Le rapport intégral 2008 de la Miviludes (fichier .pdf – 2.2 Mo)

Les sectes de plus en plus actives dans le domaine de la formation (France)

psychomédia – 25 janvier 2007

Sources : Locatis.info, 24 janvier 2007

LCI.fr, 24 janvier 2007

Dans son quatrième rapport annuel, rendu public le 24 janvier, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) constate que les sectes sont de plus en plus actives dans le domaine de la formation “professionnelle” en n’affichant pas de prime abord de signes de prosélytisme.

Il s’agit d’un marché en pleine expansion comme l’illustre l’émergence de nouvelles appellations, de nouveaux métiers et la publicité concernant l’attractivité de ces nouvelles possibilités professionnelles. Le rapport cite en exemple le “coaching” ou le “team-building”.

Les formations représentent des sources importantes de revenus pour ces organisations qui proposent fréquemment des produits annexes : tests, CD-Roms, cours à télécharger, matériel d’accompagnement, aide à l’installation, voyages…” Ces offres de formations s’accompagnent souvent “d’une incitation forte, voire d’une quasi contrainte, à enchaîner les stages pour accéder aux grades plus élevés …”.

Mais selon la Miviludes, il ne faut pas voir des sectes partout : on peut parler de “dérive sectaire” quand il y a une “mise en état de sujétion”, c’est-à-dire une emprise manifeste sur la personne, qui s’insinue dans la vie de tous les jours. Cette dérive se caractérise également par la rupture des liens familiaux et la disparition du patrimoine de la personne.

Le rapport mentionne un risque sectaire dans le domaine psychothérapeutique de l’Analyse Transactionnelle.

Il cite aussi la formation non reconnue de “praticien en analyse et réinformation cellulaire”, mélange de psychothérapie et de naturopathie qui “vise à rétablir l’harmonie entre le corps, l’esprit et son environnement”, ou encore la formation de Doula (accompagnatrice d’accouchement).

Autre exemple, il s’inquiète du développement des stages de “mieux-être” utilisant une plante hallucinogène d’origine africaine, l’iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques chamaniques africaines qui accompagnent les rites d’initiation des adolescents. La Miviludes remarque que dans les rites africains, cet usage est strictement dosé. Le ministère de la Santé, alerté sur le fonctionnement de ces “stages”, a indiqué que l’iboga constitue, à forte dose, un hallucinogène et qu’à faible dose, il peut être considéré comme un psycho- stimulant. L’Agence française de sécurité sanitaire a ouvert une enquête sur ce produit à la suite du décès d’un “stagiaire” ayant consommé la plante.

La Miviludes précise qu’elle participe, parfois en tant qu’organisatrice, à des actions de formation ou d’infor-mation sur les risques de dérives sectaires. En 2006, 70 sessions ou journées de formations ont ainsi été organisées regroupant plus de 2.000 personnes. Les collectivités territoriales demandent ces formations car ses “agents sont peu informés ou peu préparés pour aborder la dimension sectaire d’un dossier à traiter” constate les rapporteurs.


[1] Voir l’ouvrage : l’Empire des coachs – une nouvelle forme de contrat social – Roland Gori et Pierre Le Coz – Albin Michel – 2006

[2] Parution au J.O. du 3 novembre 2008 – décret n° 2008-1135 du 3 novembre 2008.