Les dérives sectaires du bien-être et de la santé en France

Extrait de france24 : France : les dérives sectaires du bien-être et de la santé

France : les dérives sectaires du bien-être et… par france24

19 mai 2009

Un rapport dénonce les dérives sectaires de certaines formations psychothérapeutiques. Georges Fenech, président de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires, témoigne de ces pratiques dans Focus.

Dans un petit local d’un pavillon de la banlieue parisienne, nous retrouvons Laurence. Ce n’est pas une ostéopathe ni même une podologue, mais une ex-employée du secteur bancaire qui vient juste de se reconvertir dans le bien-être.

Laurence est ce qu’on appelle une réflexologue plantaire, une discipline par laquelle on veut provoquer un effet de détente par le toucher. Chaque partie du pied est censé correspondre à un organe du corps. Seulement voilà, cette discipline n’est pas reconnue en France et n’est pas validée par le corps médical. Mais Laurence y croit et vient d’obtenir son certificat de réflexologie. Un certificat sans valeur mais obtenu auprès d’un centre de formation bien réel.

Des formateurs peu scrupuleux

En France, il en existe des centaines et parmi eux figurent parfois des centres de formation peu scrupuleux. Laurence en a d’ailleurs fait les frais, elle a dû tout recommencer après une première formation non satisfaisante.

En général, ces cours ont lieu au domicile du formateur. Sylvie était l’une des six étudiantes des cours proposés par un centre de formation parisien du même acabit.

Au départ, cette proximité de travail en petit en groupe restreint, avait séduit cette auxiliaire de soins. Mais elle a tout arrêté quand elle s’est sentie manipulée.

“Nous nous sommes rendus compte qu’au bout de trois mois de formation que cette personne nous manipulait. Qu’elle nous donnait des ‘phrases-cadeaux’ qui détruisaient des gens autour de nous, alors que nous étions là en tant que professionnels. Nous estimons que ces ‘phrases-cadeaux’ étaient plus de la manipulation mentale qu’autre chose et qu’on ne pouvait pas les distribuer gratuitement aux gens”,



raconte Sylvie.

“Je n’ai pas ma place dans mon milieu familial, j’ai le cul entre deux chaises”, c’est un exemple de ces fameuses “phrases-cadeaux” que le formateur demande aux étudiants d’appliquer à leurs patients.

Les personnes doivent se répéter ces phrases de façon à en être convaincues. Tout cela caché derrière de la kinésiologie. Une méthode censée permettre de tester et de corriger les déséquilibres de l’organisme…

Dérives

C’est ce genre de dérives qui alertent la Miviludes, une structure affiliée aux services du Premier ministre, chargée d’identifier les dérives sectaires et de mesurer les risques d’atteinte de l’intégrité physique et mentale des personnes.

Ce qui nous inquiète c’est qu’il y a toute une offre de formations qui ne sont absolument pas encadrées, qui n’entrent pas dans le cadre de la formation professionnelle et qui délivrent des formations dites ‘certifiantes’,


indique Françoise Chalmeau, conseillère santé à la Miviludes. On est dans une zone à haut risque qui manie beaucoup les outils psychothérapeutiques qui sont des outils qui, lorsqu’ils sont dévoyés, vous entraînent dans des techniques de manipulation mentale qui peuvent aboutir jusqu’à l’emprise mentale de celui qui a suivi ce type de stage.”

Les femmes qui suivaient les cours ont décidé de tout arrêter mais ont versé près de 2’000 euros. Contacté par FRANCE 24, le formateur n’a pas souhaité s’exprimer devant notre caméra.

Aujourd’hui, ces femmes ont porté plainte.

Le dossier est maintenant entre les mains de la justice.