a) Qui sont-elles ?

Après avoir écouté plus de six cents familles de victimes, de tous les horizons, venues vers nous chercher soutien et réconfort, nous avons effectué une analyse des victimes des thérapies déviantes.

 Age, répartition géographique et catégorie sociale

- Age moyen des victimes : 36 ans, avec 82 % de femmes et 18 % d’hommes
- Age des enfants accusateurs : 29 % ont de 25 à 33 ans, 54 % ont de 34 à 44 ans, 17 % ont de 45 à 55 ans
- Situations de famille des victimes : 52 % sont célibataires, 37 % sont mariées, 11 % sont divorcées
- Répartition géographique : 42 % Paris, 14 % Rhône-Alpes Centre, 13 % Est, 10 % Sud, 10 % Ouest, 5 % Midi-Pyrénées, 5 % Sud-Ouest, 1 % Belgique
- Écoles ou professions des victimes : 27 % Grandes écoles, 15 % Éducation nationale, 12 % prof. médicales, 9 % Arts / Spect. / Communication, 7 % Commerciaux, 4 % Paramédicales, 2 % Form. Professionnelle, 24 % Divers
- Professionnellement, 54 % des victimes sont diplômés de grandes écoles, exercent en professions libérales ou occupent des postes avec statut de cadre ou cadre supérieur, 46 % viennent d’horizons divers y compris spectacles – communication - formation professionnelle.
- Dates des accusations : 32 % Avant 2000, 68 % Après 2000

La majorité des accusations se concentre dans les années 2001/2002 : est-ce dû à la forte médiatisation de certaines affaires, qui a pu amener les thérapeutes sur la voie de l’inceste et de la pédophilie ?

- Qui sont les accusés ?
89 % les pères, 3 % les mères, 4 % les grands-pères, 2 % les frères, 2 % les oncles - les amis, etc...
- Ages supposés des faits : de 16 mois à 4 ans, de 4 ans à 8 ou 10 ans, « lorsqu’elles étaient petites, sans donner d’âge », un âge puis une autre tranche d’âge.

 Trois catégories de victimes

On distingue trois catégories de victimes

  1. Les enfants adultes accusateurs
  2. Les parents – les grands-parents
  3. Les petits-enfants


1 - Les enfants adultes accusateurs
Les premières victimes sont les victimes accusatrices qui, lorsqu’elles consultent un ou plusieurs thérapeutes, ignorent que ceux-ci pratiquent des techniques diverses de recouvrance de la mémoire. Le thérapeute leur explique que s’ ils (elles) sont mal aujourd’hui, c’est qu’il leur est arrivé un traumatisme grave dans leur enfance. S’ils ne s’en souviennent pas, il « suggère » qu’ils ont « refoulé » l’événement et la thérapie va leur permettre de recouvrer la mémoire.
Commence alors pour la victime et ses parents une terrible descente aux enfers qui va durer des années.
Séance après séance le thérapeute amène alors le (la) patient(e) à retrouver ses souvenirs, au moyen de divers procédés : hypnose, travail sur les rêves, imagerie guidée, ... . Très souvent il lui est demandé de noter tout ce qui lui passe par la tête, dans des cahiers, carnets ou dans un journal intime. De nombreux parents nous ont montré des courriers de leurs enfants où les souvenirs ont été purement inventés :ce sont des fantasmes.
Souvent, le thérapeute déviant insère le (la) patient (e) dans un groupe de victimes de maltraitance et d’abus sexuels, vrais ou supposés. La victime n’entendra que des horreurs soi-disant vécues par ces personnes ; elle sera ainsi confortée dans son rôle de victime d’inceste. A partir de ce moment-là elle sera persuadée avoir été réellement abusée, même si elle n’en a aucun souvenir, puisque le thérapeute le dit !! .
Le thérapeute lui demande alors de se couper très vite de sa famille, d’avertir la famille élargie, parfois les amis, des méfaits de ses parents, c’est dit-il, sa seule chance de guérison.
Pour certains, le thérapeute va même conseiller à la victime de se confronter à son abuseur, et s’il « n’avoue » les faits, de porter l’affaire en Justice. Souvent ces enfants victimes entraînent avec eux la fratrie. Les parents innocents se retrouvent ainsi plusieurs fois accusés [1]

Environ 21% des accusatrices de 28 ans et plus, dûment conseillées par leur thérapeute, ont porté leurs accusations devant la Justice. A ce jour, toutes les familles adhérentes à notre association, qui étaient dans ce cas, ont été reconnues innocentes.
Les accusations d’inceste sont particulièrement perverses parce qu’ elles remettent en cause tout le fonctionnement de la famille ; après les accusations de leurs enfants deux parents se sont suicidés.
Certains nous disent : « ce sont des victimes, bien sûr, mais aussi des adultes consentants … ». Mais il faut bien avoir conscience que les victimes ne savent pas qu’elles sont sous emprise. Tout comme dans les mouvements sectaires, où aucun adepte ne viendra dire qu’il n’est pas enthousiaste d’appartenir à telle ou telle communauté ou mouvement et qu’il n’est pas satisfait de ce qui se passe à l’intérieur, les victimes de charlatans ignorent qu’elles sont manipulées et sous emprise de leur thérapeute. En effet, c’est dans un état d’emprise, de contrainte morale, induit par leur thérapeute, que ces victimes se livrent à des dénonciations calomnieuses. Il n’y a ni consentement libre, ni « soumission librement consentie ».
Privées de leur libre arbitre, ces victimes ne devraient pas être considérées comme des « victimes consentantes » mais comme des « victimes innocentes ».

2 - Les parents accusés
Ils le sont à tort par leurs enfants. Il est impossible d’expliquer à ceux-ci et de leur prouver qu’ils sont manipulés et trompés par leur thérapeute. Sous emprise, ils ne peuvent rien entendre. Ils ne savent pas que leur thérapeute a « diabolisé » les parents et la famille toute entière. Huit fois sur dix le papa est accusé mais la maman est également accusée d’être complice voire instigatrice des méfaits, elle savait, elle n’a rien dit.
Lorsque les parents sont ainsi accusés, ils découvrent, par un courrier, un appel téléphonique, une visite, que leurs enfants n’ont pas vécu une vie « normale et heureuse » au milieu de leur famille (alors que les photos prouvent le contraire) mais vivaient parmi des parents, des grands-parents ou même des amis, maltraitants et pervers et qu’il leur a fallu une ou plusieurs thérapies ou pseudo-thérapies, pour découvrir que toutes leurs souffrances supposées ou avérées sont dues à ces atrocités. Ils essaient de contacter leur enfant accusateur pour avoir plus de renseignements, certains vont même à proposer à leur enfant une réunion familiale, pour savoir exactement ce qui s’est passé. L’enfant accusateur maintient ses dires et ne souhaite plus revoir « une telle famille déséquilibrée … »
Nous voyons même des enfants accusateurs, bien « briffés » par leur thérapeute, convoquer leurs parents et souvent la fratrie, chez leur thérapeute, sous prétexte d’une thérapie familiale. L’enfant adulte accusateur leur assène alors toute une litanie de plaintes, d’accusations, avec impossibilité de prendre la parole pour se défendre, le thérapeute leur répétant à chaque fois : taisez-vous, laissez le (la) parler …. Nous avons même des mamans, qui s’étant présentées seules à cette « convocation », s’entendre dire « qu’elles devaient surtout quitter leur mari, cet horrible abuseur …. » Certains thérapeutes disent même à leur patient (e) d’attaquer le papa en justice, sinon il ne pourra pas le (la) guérir….

Après de telles accusations les parents sont anéantis. Leur premier réflexe est de taire les accusations dont ils sont l’objet, ils ont honte, ils se sentent coupables (de quoi ?), parfois c’est à ce moment-là qu’ils apprennent que leur enfant suivait une thérapie. Les parents se replient sur leur souffrance. Certains papas nous disent : « je n’ai pas pu faire toutes ces horreurs, je m’en souviendrais quand même !!
Ils vont alors consulter leur généraliste, un psychiatre, un psychologue, qui, s’ils ne connaissent pas bien les faux souvenirs, pensent que derrière il y a une dérive sectaire.
Nous connaissons des papas qui sont même allés consulter un psychiatre, puis un autre, afin que confirmation leur soit faite qu’ils n’avaient pas « occulté » des faits aussi graves.
Après plusieurs semaines de nuits sans sommeil et de douleur quotidienne, les parents se renseignent, vont sur Internet, essaient de comprendre. Ils découvrent alors l’existence de l’ AFSI et viennent vers nous pour comprendre comment leur enfant en est venu à les accuser.
Un autre problème pour tous les parents accusés contre lesquels les enfants n’ont pas porté plainte : ils seront toujours, aux yeux de leurs enfants, « des présumés coupables à vie ». Des parents très âgés nous ont dit il y a quelques années, « nous sommes vieux, nous sommes malades et nous allons mourir, et notre seul regret c’est que nos enfants ne sauront jamais que nous étions innocents… ». Ces parents-là n’ont pas revu leur fille depuis plus de 20 ans.

Les grands-parents sont aussi victimes
Après de telles accusations les enfants adultes accusateurs renient leur famille. Coupés de leurs enfants et soudainement privés de leurs petits-enfants, les grands-parents patientent plusieurs mois, sans avoir de nouvelles, ils essaient de garder un lien avec leurs petits-enfants, ils envoient des cartes d’anniversaire, de Noël, des cadeaux, qui bien souvent reviennent sans avoir été ouverts. Les grands-parents s’inquiètent alors de l’influence psychologique des parents sur les petits.
N’ayant plus aucun contact, ni avec leurs enfants, ni avec leurs petits-enfants, certains grands-parents se tournent alors vers la Justice pour demander un droit de visite. C’est alors que leurs enfants, habilement conseillés par leur thérapeute, annoncent au JAF (Juge aux Affaires Familiales) qui ne comprend pas très bien le refus des parents, qu’ils ne veulent plus que leurs enfants voient leurs grands-parents pour qu’ils « ne subissent pas ce qu’ils ont subi étant enfants » ….
Commencent alors des enquêtes de proximité, pour certains des expertises, dans le but d’empêcher les grands-parents d’obtenir un droit de visite, démarches qui vont durer de longs mois, voire des années.
Nous voyons même des thérapeutes, dûment diplômés, établir des attestations de complaisance, faites contre les grands-parents qu’ils n’ont jamais rencontrés, arguant de leur perversité sexuelle et mauvaise vie, dans le but de tromper la Justice afin que le Juge n’accorde pas de droit de visite aux grands-parents calomniés.
Cette méthode est imparable et les grands-parents ne reverront pas de sitôt leurs petits-enfants [2]


3 - Les petits-enfants sont également des victimes
Sans défense et manipulés par leurs parents, les petits-enfants sont séparés de leurs grands-parents et de la famille élargie. Ils deviennent en grandissant, les proies « idéales » du thérapeute ou du leader du groupe. Nous pouvons penser qu’à leur majorité ils essaieront de reprendre contact avec leurs grands-parents, cela est arrivé pour certains, mais combien d’années auront été perdues avant de renouer le contact ! Quel manque pour les petits-enfants qui n’auront jamais connu leurs grands-parents !
Certains grands-parents, qui ont exceptionnellement la chance de voir leurs petits-enfants "par épisodes" l’ont remarqué. Ils se rendent compte que ceux-ci ne sont plus comme avant les accusations et la rupture. Ils ne se livrent plus, n’ont plus le sourire comme auparavant et ne répondent plus que par "oui" ou par "non" sans jamais s’étendre sur leur vie, leurs activités scolaires, extra-scolaires, et encore moins sur ce qui se passe avec leurs parents.
Tout courrier, tout colis, qui leur est adressé, dont ils n’ont même pas connaissance, est systématiquement refusé et retourné par les parents. Les petits-enfants ne peuvent en aucun cas correspondre avec leurs grands-parents, même par téléphone. Certains petits-enfants ont été arrachés à la tendresse de leurs-grands-parents tout jeunes bébés, d’autres ne les ont jamais connus.
Ces petits-enfants mineurs peuvent également être victimes des doctrines et pratiques de ces thérapies déviantes par :
- une alimentation carencée
- des soins médicaux inadaptés à leurs problèmes de santé
- un développement intellectuel restreint
- une vie sociale anormale pour des enfants de leur âge
- des initiations aux thérapies pratiquées par leurs parents
- même, parfois, une absence de vaccination des touts-petits.

Nous sommes inquiets car nous sommes questionnés depuis peu, par des petits-enfants qui sont devenus de jeunes parents. Leurs parents avaient, il y a plus de 20 ans, accusé d’inceste leurs propres parents à la suite de thérapies diverses. Les grands-parents avaient vécu le reste de leur vie comme des parias. Le phénomène n’était pas ou peu connu à l’époque. Les petits-enfants avaient été écartés des grands-parents sans avoir compris ce qui se passait.
Aujourd’hui, ces parents accusateurs devenus à leur tour, des grands-parents, reportent les mêmes accusations contre le compagnon de leur(s) fille (s). Ces mamans nous disent que tout cela est très déstabilisant et traumatisant pour leur famille et surtout pour les petits qui ne comprennent pas les discours des grands-parents, qui poursuivent toujours de multiples thérapies.
Nous avons informé ces parents des problèmes « à long terme » des thérapies déviantes et psycho sectaires et leur avons remis de la documentation conséquente.


[2Cependant, les grands-parents ont des droits, voir l’article : http://fauxsouvenirs-afsi.org/spip.php?article44


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jeudi 18 septembre 2014

La santé des victimes

Les grands-parents s’inquiètent aussi de la santé psychologique de leurs petits-enfants dont ils sont privés depuis si longtemps.
Quand on voit les dégâts psychologiques de ces thérapies déviantes (...)