Faux souvenirs induits : de quoi s’agit-il ?


L’objectif de cette rubrique est de cerner la notion des faux souvenirs induits.


Les points suivants sont développés :


-* a) [L’extension du phénomène : des États-Unis vers l’Europe et la France->rub3]


-* b) [Le point de vue d’experts de la mémoire->rub5]


-* c) [Le témoignage de l’abbé Jacques Trouslard, qui a été spécialiste des sectes en France pendant près de 30 ans.->rub4]


-* d) [Faux souvenirs et manipulation mentale->rub6]


-* e) [Faux souvenirs et formation professionnelle->rub21]


-* f) [Faux souvenirs et professionnels de la santé->rub7]


| Le syndrome des faux souvenirs comme appelé aux USA et les pays anglo-saxons, décrit la mémoire d’une expérience traumatique qui est objectivement fausse mais à laquelle la personne croit fermement.


Le syndrome des faux souvenirs peut être identifié lorsqu’il n’est précédé par aucun souvenir de même nature pendant les 20 - 30 voire 40 années antérieures et qu’il apparaît brusquement au cours ou à la suite de "thérapies" ou "pseudo-thérapies" basées sur la recherche des souvenirs de la petite enfance, appelées thérapies de la mémoire retrouvée ( TMR ) et altérant en profondeur le jugement et la personnalité des patients adultes.


[[Selon le Larousse : un syndrome est un ensemble de comportements particuliers à un groupe humain ayant subi une même situation traumatisante 


Selon Wikipédia : le syndrome des faux souvenirs est le souvenir d’un événement qui ne s’est jamais produit, ou bien le souvenir altéré d’un événement réel.


Selon l’A F S I : Les faux souvenirs sont des fantasmes qui résultent de techniques de suggestion ou d’auto-suggestion alimentés par des thérapeutes charlatans !] .


La pratique des faux souvenirs est utilisée par des thérapeutes qui considèrent que tous les problèmes existentiels rencontrés chez leurs patients, (qui sont à 80 % des jeunes femmes d’environ 35 ans) sont liés à un traumatisme résultant de violences sexuelles survenues dans leur petite enfance. Si les patientes ne s’en souviennent pas, ils disent qu’elles ont « occulté » ou "refoulé" l’événement.


Le thérapeute use alors de son pouvoir de suggestion et incite la patiente par différents moyens : hypnose – imageries guidées – interprétations des rêves – à revivre ces scènes traumatiques afin de l’amener, dit-il, à la guérison. La patiente est alors convaincue d’avoir l’explication à son mal-être et accuse ses parents d’inceste et de maltraitance.


Il existe plusieurs formes de faux souvenirs :


- les faux souvenirs de maltraitances,


- les faux souvenirs d’incestes,


- les faux souvenirs de vies antérieures, souvent liés au chamanisme.


Origine des Faux Souvenirs


En 1895, dans son livre « Étude sur l’Hystérie », Freud expose sa théorie selon laquelle les troubles de ses patientes hystériques seraient dus à des violences sexuelles subies dans l’enfance, qu’elles avaient oubliées mais dont le souvenir resurgit en cours de thérapie. C’est ce que Freud appelle sa théorie de la séduction - l’étiologie traumatique des névroses.


En 1897, dans une lettre à Fliess, il révise ses vues. Il se rend compte que les faits rapportés par certaines de ses patientes ne reposent sur aucun fait réel et déclare : "les violences sexuelles ne sont pas réelles, ce sont des fantasmes nés de pulsions refoulées".


Selon Freud, le fantasme est un scénario imaginaire dans lequel le sujet est présent, et qui figure l’accomplissement d’un désir conscient ou inconscient.


Pour certains psychothérapeutes américains, Freud aurait abandonné sa première théorie pour des raisons bourgeoises. Ces thérapeutes ont alors considéré que seule prévalait sa théorie première et ont basé leurs pratiques thérapeutiques sur cette théorie.


En Europe, de nombreux professionnels de la santé se sont penchés sur la problématique des faux souvenirs. 


La pratique des Faux souvenirs nous vient des États-Unis qui connaissent le problème depuis plusieurs décennies Avant les années 1970, aux États-Unis, la question des abus sexuels d’enfants était rarement soulevée. Depuis les années 1970 et l’éclosion des mouvements féministes, les viols, agressions sexuelles et incestes n’étaient plus un sujet tabou et ont été révélés au grand public par une forte médiatisation. Cette médiatisation a amené sur le marché de la psychothérapie une surabondance de « psychothérapeutes » qui ont basé leurs pratiques thérapeutiques sur la théorie première de Freud.


Dans les années 1980 de plus en plus de patients adultes retrouvaient, en cours de thérapie, des "souvenirs" d’abus sexuels, dont ils ne se souvenaient pas avant d’effectuer leur thérapie. Le thérapeute leur dit que s’ils ne s’en souviennent pas c’est qu’ils auraient "refoulé" l’événement.


Après la parution en 1988 du livre : The courage to heal - A guide for women survivors of child abuse, de Ellen Bass et Laura Davis, écrit par des non professionnels de la santé, les États-Unis vont connaître une extraordinaire explosion d’accusations. Des milliers de parents se sont alors retrouvés accusés d’inceste par leurs enfants.


Le phénomène s’est d’abord étendu aux pays anglo-saxons : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande pour ensuite gagner l’Europe.


Le problème des thérapies déviantes générant les faux souvenirs induits est devenu un problème européen depuis les années 1990 (et même avant, voir le témoignage du Père Jacques Trouslard, avec la secte de St-Erme) .


Nous sommes en relation avec des associations situées en Angleterre, en Suède, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, en Italie et maintenant en Espagne.