Sectes : Phénomène en expansion « Ma fille croit avoir été violée »

jeudi 17 avril 2008

Source Groupe Sud-Presse – Belgique - 17 Avril 2008

Arlette dénonce ceux qui ont manipulé sa fille avec de faux souvenirs induits.
Arlette ne peut plus voir son petit-fils qu’une fois par an depuis que sa fille aînée a écouté un gourou.
En France, la Mission Interministérielle contre les dérives sectaires dénonce un phénomène en pleine expansion : les faux souvenirs induits. Se présentant comme des psychothérapeutes, des gourous manipulent leurs patients pour leur faire croire qu’ils ont été victimes de maltraitances durant leur enfance.
La méthode de suggestion insidieuse existe aussi en Belgique., comme en témoigne Arlette qui a vu sa famille détruite en quelques mois. En 2004, Geneviève sa fille aînée alors âgée de 40 ans, traverse une passe difficile dans son couple. Un soir, elle assiste à une conférence sur la Biologie totale en compagnie de sa mère, de son père et de l’un de ses frères. « Mon mari, biologiste de formation, n’est pas resté tant cela lui semblait aberrant. Mais l’oratrice était très convaincante. Ma fille s’est inscrite à une formation » raconte Arlette.
A raison d’un séminaire un week-end par mois, les cours s’étalent sur un semestre. Arlette garde Arthur (3 ans) pendant l’absence de sa maman. « Au début, elle paraissait mieux dans sa peau. Puis Geneviève a commencé à nous interroger sur de possibles incestes dans la famille. Son visage semblait s’éteindre. Le dernier week-end, elle est repartie sans un mot ». Inquiète, Arlette propose une rencontre pour discuter. Et là, son univers s’écroule.

Incestes tous azimuts
Geneviève accuse son père de l’avoir violée de 2 à 10 ans. Arlette, elle, aurait fait de même avec ses quatre fils et aurait aussi offert son corps à une vieille cousine. « C’était totalement faux, Geneviève ne voulait rien entendre » dit Arlette. La jeune femme explique se rappeler de quelqu’un montant dans sa chambre en catimini pour regarder son derrière sous les draps. Elle refuse de confier d’autres souvenirs « pour qu’on ne les lui abîme pas ». Sa confession terminée, elle s’en va pour ne plus revenir. Bizarrement, elle ne porte pas plainte malgré la gravité des faits qu’elle a dénoncés. Elle préfère trouver de l’aide auprès d’une autre « psy » adepte de l’hypnose. Cette dernière la conforte dans son délire. L’un de ses frères tente de raisonner Geneviève. Rien n’y fait. « Elle l’a traité de méchant ». Aujourd’hui je ne vois plus mon petit-fils qu’une fois par an, le jour de son anniversaire que nous célébrons dans un fast-food. Il me reconnaît et me fait fête. Je ne désespère pas que mes relations avec sa mère se rétablissent un jour … Elle reste ma fille. Je ne lui demanderai pas de s’excuser du mal qui a été fait. »
Yannick Hali