Les "PSY"

vendredi 12 septembre 2014

PSY, vous avez dit PSY  : essayons de voir ce que cachent ces trois lettres

 Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin rattaché à l’Ordre des Médecins. Il est seul parmi les « psys » habilité à prescrire des médicaments. La profession de psychiatre est réglementée. Il est titulaire d’un doctorat de médecine (Bac + 7 ) et a suivi ensuite une spécialisation en psychiatrie.
Le psychiatre est également soumis au code de déontologie des médecins dont voici les extraits :
Article 7 : Le médecin ne doit jamais se départir d’une attitude correcte et attentive envers le malade. Il doit respecter la dignité de celui-ci.
Article 39 : Le médecin ne peut proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé.

Toute pratique de charlatanisme est interdite.

La Commission éthique de l’Ordre des médecins complète ce Code de déontologie de commentaires dont un sur l’interdiction des relations sexuelles entre le patient et son médecin.
« Ce respect de la personne exige que le médecin honore le contrat moral qui le lie au patient, en le considérant dans toutes ses « prérogatives » d’être humain, c’est à dire en évitant de le traiter en inférieur, en mineur, à plus forte raison en objet d’expérimentation. Ce respect impose l’obligation du secret professionnel, droit du malade et devoir absolu du médecin. Le malade doit être certain qu’il ne sera pas trahi par celui auquel il a donné sa confiance.(art. 4)
De la même logique découlant de l’accès des praticiens à l’intimité du malade dérive l’interdiction des relations sexuelles entre médecins et malades, dont on connaît les effets dévastateurs sur ces derniers.
On y trouve également des commentaires sur le charlatanisme :
« D’une manière plus générale, l’article 39 condamne « toute pratique de charlatanisme ». Le charlatanisme, c’est l’exploitation de la crédulité publique. L’imagination des charlatans est inépuisable.
C’est pour protéger les malades contre les charlatans que l’exercice de la médecine a été réglementé depuis très longtemps : d’abord par les examens et les diplômes des universités ; puis par la loi qui confère aux docteurs en médecine le monopole de l’exercice médical ; enfin par le contrôle de l’Ordre des médecins.
Il serait indigne d’un médecin de se livrer à quelque tromperie que ce soit et de quelque manière que ce soit. On a ainsi pu regretter les faits suivants :
- expliquer la maladie et le traitement par des considérations scientifiques fantaisistes (« l’épuration du cerveau » , « drainage des nerfs » , « augmentation de la force vitale », équilibration des humeurs » , « rénovation cellulaire » etc…)
- annoncer sans raison que la maladie est très grave, pour se donner l’air d’accomplir un « miracle » …
- donner des consultations par correspondance à partir d’un questionnaire, ou de l’examen des cheveux, voire d’une photographie.
- prétendre soigner par des ondes ou des radiations mystérieuses (par le magnétisme).
- se servir systématiquement d’ordonnances stéréotypées
- se présenter indûment comme l’inventeur « d’une méthode nouvelle » etc..

Le médecin ne doit pas se servir de remèdes secrets qui ne figurent dans aucune pharmacopée et dont la composition n’est pas connue, pour exploiter le goût si répandu du « mystère » comme on l’a vu faire naguère pour la tuberculose, plus récemment pour le cancer ou le sida (art. 21) …
Le tarif de visite est fonction de la catégorie dans laquelle le psychiatre est inscrit à la Caisse Nationale d’ Assurance Maladie. Le psychiatre étant médecin il peut délivrer des feuilles de soins permettant un remboursement des visites par la Sécurité Sociale et votre mutuelle.

 Le psychologue

L’usage du titre de psychologue est défini par la loi n° 85-772 du 25 Juillet 1985 publiée au J.O. du 26 Juillet 1985. Sont psychologues les personnes qui remplissent les conditions de qualifications requises dans cette loi. Toute forme d’usurpation du titre est passible de poursuites.
Le psychologue est obligatoirement titulaire d’un diplôme universitaire de troisième cycle (Master : Bac + 5) de psychopathologie clinique ou d’un Diplôme d’Étude Approfondie (DEA) .
Le psychologue intervient dans les troubles comportementaux, épisodes dépressifs, troubles du langage, échec scolaire. Il fait des bilans psychologiques, du soutien psychologique, propose des thérapies.
N’étant pas médecin, il ne peut pas vous prescrire de médicaments.
On trouve les psychologues également dans le domaine professionnel, dans le cadre des bilans de compétences, du recrutement etc…
Les psychologues sont soumis au code de déontologie des psychologues ratifié le 22 Juin 1996. Ce code met particulièrement en avant le respect de la dignité humaine, dès son préambule :
« Le respect de la personne humaine dans sa dimension psychique est un droit inaliénable. Sa reconnaissance fonde l’action des psychologues (…) »
Sa finalité est avant tout de protéger le public et les psychologues contre les mésusages de la psychologie et contre l’usage de méthodes et techniques se réclamant abusivement de la psychologie.
Dans le titre 1, une partie entière est consacrée au respect des droits de la personne :
« Le psychologue réfère son exercice aux principes édictées par les législations : nationale, européenne et internationale sur le respect des droits fondamentaux des personnes, et spécifiquement de leur dignité, de leur liberté et de leur protection. Il n’intervient qu’avec le consentement libre et éclairé des personnes concernées. »
Ce Code interdit au psychologue toute attitude de manipulation – aliénation – envers son patient.
Dans le titre 2 – Exercice professionnel –
Chapitre 2 - Les conditions de l’exercice de la profession.
Art. 11 : Le psychologue n’use pas de sa position à des fins personnelles, de prosélytisme ou d’aliénation d’autrui. Il ne répond pas à la demande d’un tiers qui recherche un avantage illicite ou immoral, ou qui fait acte d’autorité abusive dans le recours à ses services. Le psychologue n’engage pas d’évaluation ou de traitement impliquant des personnes auxquelles il serait déjà personnellement lié. »
Chapitre 3 – Modalités techniques de l’exercice professionnel
Art. 18 : Les techniques utilisées par le psychologue pour l’évaluation, à des fins directes de diagnostic, d’orientation ou de sélection, doivent avoir été scientifiquement validées.
Le prix d’une consultation chez un psychologue est libre. Le psychologue n’est pas médecin : les consultations ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale, sauf si vous passez par un hôpital ou un Centre Médico-Psychologique (CMP)
En cas de problèmes rencontrés au cours d’une thérapie avec un psychologue, la Commission Nationale Consultative de Déontologie des Psychologues répond sur simple demande écrite à l’adresse suivante :
C.N.C.D.P. B.P. 76 - 75261 PARIS Cedex 06

 Le psychanalyste

Psychanalyste est une fonction non réglementée, il n’existe pas de diplôme d’État de psychanalyste. Toutefois, le psychanalyste doit répondre à trois critères :
- Avoir suivi une psychanalyse lui-même
- Avoir été formé dans une association psychanalytique reconnue
- Avoir été supervisé par un contrôleur lui-même psychanalyste.

La psychanalyse a été découverte par Freud. L’analyste travaille sur l’inconscient et le transfert : l’histoire personnelle du patient, ses souvenirs, ses rêves et ses émotions constituent la matière à partir de laquelle s’effectue « le travail ».
Aucune disposition légale ne réglemente la pratique de la psychanalyse en France. Il n’y a rien d’obligatoire en la matière. Le plus souvent, le psychanalyste appartient à une association psychanalytique liée au courant freudien. Mais d’autres écoles et lieux de recherche existent.
Certains psychiatres et psychologues peuvent également avoir cette fonction après avoir effectué personnellement une analyse.
Entreprendre une psychanalyse est un travail en profondeur, intense (2 ou 3 séances par semaine) et de longue haleine (plusieurs années) dont l’objectif est la prise de conscience des processus psychologiques inconscients.
Le psychanalyste exerce dans le cadre d’un cabinet privé. Mais la plupart ont une activité mixte, associant l’exercice libéral et la pratique en institution. Ils exercent aussi en tant que salariés ou comme vacataires dans des structures tels que les CMP (centres médico-psychologiques) Certains psychanalystes ayant une formation médicale pratiquent également en hôpital.
Étant donné le caractère non réglementaire de cette fonction, il n’y a aucune obligation déontologique. Quand le psychanalyste est affilié à une association ou fédération on peut lui demander des respecter une charte interne. Mais il s’agit plus d’un contrat moral qu’autre chose.
Les honoraires d’un psychanalyste sont libres dès lors qu’il exercice en cabinet privé et les consultations ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale.

 Le psychothérapeute

Jusqu’en Juillet 2009 cette fonction n’était pas réglementée, aucun diplôme de psychothérapeute n’était reconnu par l’État. La formation des psychothérapeutes était laissée à leur seule appréciation personnelle et n’était pas réglementée. Nul besoin de diplôme particulier pour poser une plaque de psychothérapeute sur sa porte et commencer à pratiquer.
Les psychothérapies peuvent être pratiquées par des psychiatres, des psychologues mais aussi par des personnes qui n’ont aucun formation en psychopathologie et qui se font appeler « thérapeutes », ou mieux « psychothérapeutes ». .
Nous rencontrons tous les jours des familles victimes de ces personnes dont les « compétences » fleurissent en abondance sur le net ou les pages jaunes et qui promettent des merveilles à leurs patients-clients.
Ce vocable de psychothérapeute est à forte consonance médicale et peut induire un individu en demande de soin ou d’accompagnement psychologique en erreur. En effet, il laisse croire que le titulaire d’un tel titre est détenteur d’un savoir minimum et est reconnu, ce qui est faux.

Monsieur Bernard Accoyer, Député de Haute - Savoie, a œuvré de nombreuses années pour une réglementation de l’usage du titre de psychothérapeute.
Si la loi n° 2004-806 du 9 Août 2004 visant à réglementer l’usage du titre de psychothérapeute a bien été votée, les décrets n’ont jamais été mis en application. De vives polémiques émanant de certains milieux professionnels ont systématiquement fait barrage chaque fois que les Ministres de la Santé respectifs se sont penchés sur l’amendement dit « Accoyer » article 52 pour réglementer cette profession.
Depuis le 21 Juillet 2009, cette loi a été revue et corrigée dans le cadre de la loi « hôpital, patients, santé et territoires ». L’usage du titre de psychothérapeute entre enfin dans un cadre juridique bien défini.
Il aura fallu attendre cinq années et la ténacité de Monsieur Accoyer, Président de l’Assemblée nationale, des associations de professionnels de la santé, et des associations de victimes pour démontrer au Ministre de la Santé, aux Sénateurs, aux Membres du Conseil d’État, qu’il était indispensable de frapper un grand coup et de réglementer enfin cette profession qui, pratiquée par des personnes incompétentes et non formées, fait tant de victimes.

Extraits de presse :
- Extrait de hopital.fr du 01.7.2010 : Utilisation du titre de psychothérapeute
- Extrait de lepoint.fr du 31.05.2010 : Psychothérapie : comment séparer le bon grain de l’ivraie

 Textes officiels :

- Extrait de legifrance.gouv.fr du 22.05.2010 : Décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute
- Extrait de legifrance.gouv.fr du 12.06.2010 : Arrêté du 8 juin 2010 relatif à la formation en psychopathologie clinique conduisant au titre de psychothérapeute
- Extrait de legifrance.gouv.fr du 12.06.2012 : Arrêté du 9 juin 2010 relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes


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