Bordeaux : vrai inceste ou faux souvenirs induits, le tribunal devra trancher

mercredi 10 avril 2013

Extrait de leparisien.fr du 10.04.2013 : Bordeaux : vrai inceste ou faux souvenirs induits, le tribunal devra trancher

Le tribunal de Bordeaux doit décider s’il accorde à une jeune femme des dommages et intérêts en réparation de viols que lui aurait fait subir son père dans l’enfance, ou s’il s’agit de "faux souvenir induits" comme l’a soutenu mercredi la défense.Le tribunal civil, saisi par la plaignante pour préjudice car les délais de prescription étaient incompatibles avec une action au pénal, se prononcera le 12 juin. [...]


Mise au point de la Présidente de l’association AFSI

On a beaucoup écrit sur le jugement rendu en Juin dernier et du fait du piratage continuel de notre site nous n’avions pas pu parler de cette affaire.
Tout d’abord une précision : les accusations pour viol sur mineurs sont prescrites 20 ans après la majorité de la victime, selon l’art. 7 - alinéa 3 -du Code de Procédure Pénale. C’est-à-dire que les enfants accusateurs ont jusque l’âge de 38 ans pour aller en Justice.
Mais je précise aux parents accusés que, quel que soit l’âge de l’enfant accusateur (même après 38 ans) une information judiciaire pourra être ouverte dans le cas d’un dépôt de plainte. Nous connaissons dans notre association des parents de plus de 80 ans qui ont été entendus après que leur fille (c’est souvent le cas) de plus de 50 ans ait déposé plainte contre le papa et accusé la maman de complaisance.
Pour revenir au procès, notre association suit la famille depuis Mai 2007, date des accusations. Après de longues conversations avec les parents nous avons su pourquoi leur fille avait consulté une thérapeute, elle était en fragilité psychologique depuis très longtemps car leur fille était victime (comme beaucoup de jeunes femmes aujourd’hui) du médicament Distilbène, pris par sa maman durant sa grossesse.

Une association : HHORAGES s’est créée à la suite de plaintes de très nombreuses familles. Lorsque les parents m’ont dit tout cela je suis entrée en contact avec cette association
Le distilbène est un médicament (interdit depuis 1972 aux USA) que les médecins prescrivaient aux futures mamans pour leur éviter une fausse couche, dans les années 60 et 70.
Des scientifiques américains et anglais se sont rendus compte que ce médicament avaient des conséquences très graves sur les fœtus puisque les petites filles naissaient souvent avec de graves malformations congénitales leur enlevant tout espoir d’être mères, certaines pouvant même développer des cancers à l’âge adulte.
En outre, ces chercheurs ont également découvert plus tard, que ces « bébés distilbène » filles et garçons développaient, quelques fois à partir de la puberté, des problèmes psychiques graves allant même jusqu’aux tentatives de suicides. Voir le site

Si aux USA et en Angleterre cela a été reconnu, nous avons mis en France 20 ans avant de lancer les enquêtes.
Cela a-t-il été mentionné au procès pour expliquer la fragilité psychologique de l’accusatrice l’ayant amenée à consulter la thérapeute ?
Enfin, il faut savoir qu’au Pénal, l’affaire avait été classée sans suite.
Le jugement de Juin a condamné le papa à verser 15 000 euros à sa fille en dédommagement, il a fait appel, mais en attendant il ne pourra toujours pas demander le droit de visite de ses petits-enfants du fait de la nature du jugement.

L’ AFSI est toujours en contact avec la famille qu’elle soutient dans sa peine.

Date : 3 Septembre 2013